vendredi 18 mai 2012
SENSATIONAL & KOUHEI MATSUNAGA, DJ SCOTCH BONNET, C_C, STORMVARX, dDAMAGE- Klub
mercredi 16 mai 2012
Chroniques sexuelles d'une famille d'aujourd'hui de Jean-Marc Barr et Pascal Arnold
Les films de Barr et Arnold sont formidables à plus d'un titre. Formidables tout d'abord parce qu'ils ne coûtent rien et ne rapportent rien non plus mais trouvent quand même le chemin des salles. Formidables aussi parce qu'ils prennent le contre pied esthétique de toute la production arty d'aujourd'hui : pas de chichi, pas de volutes inexplicables et sidérantes, pas d'étalonnage, une épure fraîche qui se veut l'emprunte du réel sur une fiction théorique à visée documentariste. Formidables enfin parce qu'ils se proposent à chaque fois d'établir avec cohérence une nouvelle éthique de la sexualité au cinéma tout en ratant à chaque fois avec fracas le sujet qu'ils visent. mardi 15 mai 2012
I Wish de Hirokazu Kore-Eda
Il est mille et une beautés dans le visage d'un enfant que Kore-Eda a, par une science de l'image incandescente, le talent de saisir à chaque plan. I Wish raconte la relation qu'entretiennent deux frères suite à la séparation de leurs parents. L'un est resté avec sa mère, l'autre est parti avec le père. Leur seul lien, c'est ce coup de fil qu'ils se donnent, toujours le même jour de la semaine, après la natation. Le plus grand nourrit l'espoir d'une réunification. Le plus jeune, a du mal à cacher à son frère que ce n'est pas ce qu'il souhaite, mais que pour autant, il ne veut que le meilleur pour son frère, qu'il l'aime quand même. vendredi 4 mai 2012
ADAM YAUCH/ MCA
mercredi 2 mai 2012
GANGRENE- Vodka & Ayahuasca
Il est déjà possible de mentionner quelques disques que l'on qualifierait volontier de hip hop psychédélique, mais Gangrene apporte avec aisance sa pierre à l'édifice. La production de l'album est d'une densité remarquable, incarné par des beats écrasant, comprimant l'espace sonore, tandis que les samples débordent de vie de toute part. Entre ses longues plages de phaser, ses boucles de guitares en roue libre et ses sons de sirènes noyés dans les effets et les accidents audio, on se retrouve dans une excursion au déroulement incertain et aux envolées parfois improbables, comme sur le titre éponyme qui mélange une progression totalement psychédélique pour déboucher brillamment sur une phrase de guitare type 13th Floor elevator se mélangeant au scratchs lapidaires dans une éruption sonore de possédés. Magie noire audio, les deux hémisphères malades des deux amateurs de perceptions modifiées s'accompagnent d'une floppée de MCs proche du groupe (Prodigy, Kool G rap, Evidence...), venus incarner vocalement cette cérémonie opaque. Si l'album brille par ses productions, on ne négligera alors pas la trame "vocale" de l'album, bien que ce "Vodka & Ayahuasca", dynamique et ramassé, s'avère verbeux sur la longueur. Du coup, cette association très réussie (me) rappelle aussi un album devenu classique et issu d'une rencontre entre deux MCs aux univers distinct: "Blackout !" de deux autres grands admirateurs d'herbes.
vendredi 27 avril 2012
SHABAZZ PALACES- Live at KEXP
Mais est- ce que vous avez vu cette pochette ?? Direct au panthéon du visuel flippant réalisé en 5 minutes sur power point.
jeudi 26 avril 2012
NUMBERS NOT NAMES- EP
samedi 21 avril 2012
Ulysse, souviens-toi ! de Guy Maddin
vendredi 13 avril 2012
SENSATIONAL - Bouncy Agenda EP
Alors que le hip hop ne cesse de surenchérir niveau production, voilà que le MC le plus atteint du globe signe en toute discrétion un EP qui va à l'encontre de tout ce qui se produit à l'heure actuelle (et à vrai dire c'est le cas depuis 1995, année de son premier album, exception faite de quelques morceaux). L'an dernier on nous a gonflé avec le soit disant brillant album de Kanye West (qui se souvient de cet album ??), qui loin d'être mauvais, marquait surtout une sorte d'aboutissement dans la surproduction, dans l'opulence de sa réalisation qui lui a valu quelques qualificatifs inadéquats, certain allant jusqu'à affirmer qu'on tenait là le Thriller des années 2000. Bref, ici on est dans le total opposé, le belliqueux, dans le gros, dans le mono-doigt à la mpc, dans les basses mal compressées qui crépitent, dans les beats faits mains, dans les morceaux produits dans un studio sommairement équipé, dans le DIY crust, dans le fascinant repoussant, dans le hip hop de cave. Sensational se retrouve en solo, sans Skiz derrière, ni Kouhei Matsunaga -avec néanmoins Daniel Andréasson sur un morceau- et se retrouve à produire ses propres beats, avec ce touché si caractéristique, cet amateurisme poussé au rang d'art total (le mec est admiré par rien moins qu'Autechre, par exemple). Bobb revendique: pas de boucles, jadis pas de micro, le mec sample à la truelle, arrange, et si ça lui plaît, il baragouine par dessus de sa voix totalement ruinée ses élucubrations ego-trip cosmiques. Skiz parle du Lee Perry du hip hop. Du cheap de luxe avec ce petit gôut qui fait se demander comment on en est arrivé là. Toujours déconcertant mais toujours aussi charmant, Sensational signe ce vinyle chez les Suédois discrets d' Autodidakt, dont c'est la 4ème sortie (en 5 ans).
vendredi 6 avril 2012
DUPPY GUNS PRODUCTION: EARLY ONE/ DAYONE -Split
Parfois on met encore la main sur des choses très étranges, des bizarreries folles qui tournent et qui font leur chemin. Ce disque en est l'exemple parfait. 4 morceaux pressés sur un 12" dans la (presque) tradition du reggae classique puisque composé d'un morceau chanté et de sa déclinaison instrumentale ("versions") par face. A l'heure d'internet, on arrive presque à chopper des infos quand un disque de cette trempe surgit. Presque. Duppy Guns Production serait le nom du label plus ou moins mené par le type de Sun Araw (qui dans un élan créatif va aussi sortir dans les tous prochains jours une collaboration avec les mythiques Congos) et de son pote M. Geddes Gengras, plutôt adepte de synthé modulaire qui sera aussi sur le disque avec les Congos. Mais rien de certain. Ce split est d'ailleurs à l'heure actuelle la seule et unique sortie du label. Il en découle que les morceaux sur ce truc ont été probablement composé par les deux acolytes. Les deux morceaux sont assez proches: on navigue là dans un dancehall digitale des plus étranges, gavé de sons rythmiques et de synthés cheaps qu'on pourrait rapprocher de Shit & Shine. La face chantée par Early One est une sorte de reggae électronique riche en sons rythmiques d'une autre époque, celle où la dictée magique était le jouet définitif pour les enfants. Par dessus la voix semble aller dans l'incantation perché. Mais c'est surtout la face Dayone qui attire le plus la curiosité. Le morceau est ruiné par les effets d'échos intempestifs, et le rythme est mené par une sonorité très régulière, comme une sorte de percussion métallique frappé sans conviction sur chaque impulsion. Sur une basse liquide, Dayone chante de manière beaucoup plus improbable que son collègue et donne l'impression d'un bootleg d'Ozzy s'époumonant sur cet étrange disque de dub mutant. Les mecs du label ont poussé la bizarrerie jusqu'à faire une vidéo de la prise vocale du bonhomme dans une réalisation qui à au moins du couter... 12 minutes (vous pouvez découvrir cette merveille mettant en scène le croisement de Del Tha Funkee Homosapien et Samuel L. Jackson avec sa weed en suivant le lien). Qui a dit "Wordsound" ??
jeudi 29 mars 2012
BREACH-Godbox
A quelques mois de l'enregistrement de son chef d'oeuvre Kollapse, qui marquera également la fin du groupe, Breach publie Godbox, dernière salve purement sauvage avant la désintégration. Si les disques de Breach semblent tous construire l'édifice de sa légende, Godbox dispose d'un statut particulier, puisqu'il semble aussi être la production qui a permis au groupe d'évacuer ses morceaux belliqueux, peut-être trop breach pour le groupe lui même avant de passer en studio pour son dernier album, le plus ambitieux et remarquable de toute sa (trop courte) carrière. De fait, les deux disques se complètent parfaitement, même si chacun se suffit à lui même. Pour la première fois, Breach semble proposer un disque qui ne fait plus avancer sa mixture, qui regarde dans le rétroviseur avant de donner son ultime coup d'accélérateur. mercredi 28 mars 2012
PRIMUS au Zenith, Paris
lundi 26 mars 2012
BURIAL-Kindred
Burial a atteint un statut particulier au sein de la caste des créateurs cachés derrière un laptop: celle des grands. A vrai dire, le garçon pourrait produire n'importe quoi aujourd'hui qu'il passerait à travers les mailles du filet de la critique. Qui viendrait aujourd'hui lui reprocher de ne plus avancer ? Personne, car on cherche chez Burial ce qu'il a déjà fait, mais en neuf. Stagnation. Juste, du neuf. Les idées, on verra. Preuve de l'adoubement suprême ? Le prix de son EP avec Massive Attack, sold out en moins de 24 heures, et qui se revend actuellement jusqu' à 500€ sur le net. Folie pure. Bref, tout ce qu'il touche vaut de l'or, aussi bien d'un point de vue financier que "moral", dirons nous. "Kindred" est donc le énième EP qui fera attendre le troisième album, celui qui permettra de crier au génie ou à l'imposture. Pourtant, sur ce disque raz la gueule (3 morceaux dont 2 dépassant les 11 minutes), on sent que l'anglais après avoir joué avec les limites du mauvais goût via les usages de samples vocaux répétés à outrance se tourne de plus en plus dans les soirées du sud de Londres et semble définitivement vouloir passer en club. On dirait que c'est fait pour danser, et c'est toujours aussi moite. Et si il n'y avait pas ses craquements et ses brûlures sonores, ses sons poussiéreux, on penserait presque avec ces claviers lumineux (rappelle toi The Orb) et ses beats 4/4 que c'est uniquement fait pour cartonner en soirée.
mercredi 21 mars 2012
UNSANE- Wreck
20 piges qu' Unsane envoi la purée en gros maintenant dans les oreilles d'assemblées que l'on saluera autant pour leur endurance auditive que pour leur résistance aux douches buccales assurées par Mr Spencer en live, le non-chef glaviotant du trio mythique de New York. Non-chef car la force du groupe depuis la moitié des années 90, c'est de s'être imposé comme un trio, où chaque membre est aussi important qu'un autre. Les absences des uns et des autres l'ont démontré à plusieurs reprises: Unsane sans Curran, c'est pas Unsane, et Unsane sans Signorelli, c'est encore moins Unsane. Pourtant, Unsane, c'est Unsane depuis "Unsane", le premier LP d'Unsane en 91-duquel groupe il ne reste que Spencer. VLADISLAV DELAY- Vantaa
Comme un songe prolongée au coeur d'une longue nuit hivernale. Vladislav Delay, élève appliqué de l'école Basic Channel, auprès de laquelle il se produit d'ailleurs en intermittent sur scène, sort un album ovni chez Raster Noton. Si le label a l'habitude de produire des albums froids et cliniques, Delay propose un son plus humain, presque chaud (si on compare aux errements et cliquetis digitaux qui règnent en maitre chez Alva Noto, Pixel ou SND). Et le label a d'ailleurs marqué le coup en cassant sa palette graphique: ici pas de blanc éclatant, mais un beige recyclé. Un album terreux, orné d'une sorte de blason cuivré. La musique suit exactement la logique du détachement visuel, donc. Vladislav Delay chauffe les habitudes du label. Basses profondes, on est directement dans la lignée de Maurizio ou de Porter Ricks, entre nappes épaisses et échos spatiaux ramenés sur terre. Un trip lointain trainé dans la boue techno dub et roulé dans les graviers de l'electronica propre. Froide, la musique l'est tout de même, lézardée de nappes lointaines et de rythmiques dont on ne distingue plus que les résonances, mené par ses beats sans évidences, ses synthés granuleux et parfois étouffant. Le voyage conduit sur un morceau étonnament brut, "Lauma", à la tension inattendue se dématérialisant dans un bain d'échos, pour déboucher sur une plage dub ambient lumineuse, vive. Une sorte d'écart pour Raster Noton, et une production solide d'un genre riche en réussite ces derniers temps.
vendredi 16 mars 2012
TRENT REZNOR & ATTICUS ROSS-The Girl With The Dragon Tattoo
En attendant de remettre sur pied NIN (on l'avait dit, et visiblement ça se confirme: le groupe ne restera pas mort bien longtemps), Reznor et son fidèle acolyte Ross re-signent pour Fincher une BO. De mémoire, c'est la première fois que Fincher reconduit une équipe pour signer deux fois de suite la musique de ses métrages- et peut-être d'avantage si la trilogie se réalise. Et il paraît difficile de l'accuser de se planter, puisque les disques enregistrés sont bons. jeudi 15 mars 2012
PORTER RICKS- Biokinetics
Mission de sauvetage nécessaire réussie pour Type, qui se colle à la réédition du mythique premier "album" de Porter Ricks, disparu des bacs à disque et renégocier à prix d'or sur le net depuis fort longtemps. "Album" en terme discutable car les morceaux présentés sur ce double LP sont plus la somme du travail du duo qu'un projet composé en tant que tel. Porter Ricks est un projet mythique de dub techno pensé et mené par Andy Mellwig (également occupé au sein d' EAR ou avec un membre de Monolake, également fondateur d' Ableton) et Tomas Köner, ayant ainsi fait avec cet enregistrement les belles heures de Chain Reaction (sous label de Basic Chanel). Si la première édition dudit objet était dans un classieux boitier métallique semblant rescapé d'un vieux film de SF, Type accorde cette sortie à son catalogue et ré-encartonne le tout en posant en couverture un paysage lointain et incertain. Deux albums et une collaboration avec Techno Animal et ce fut plié: Porter Ricks jeta assez rapidement l'éponge après avoir enregistré parmi les albums les plus influents et importants de leur époque. lundi 5 mars 2012
SHIT & SHINE- Le Grand Larance Prix
On a déjà largement parlé de $&$ sur ces pages, à plusieurs reprises depuis l'ouverture de BTN. Projet mystérieux de Clouse (Todd), l'entité s'est distingué par ses enregistrements farfelus s'organisant autour de la répétitions de motifs en tout genre, tout en créant un alter égo live maintenant le cap d'un rock noise et abrasif n'offrant jamais la moindre prestation sans au moins une paire de batteurs. Si Todd semble désormais de l'histoire ancienne- Clouse est visiblement retourné aux USA, formant un énième groupe avec le batteur des Butthole Surfers- Shit & Shine donne un signe de vie dans un élan d'une grande discrétion. "Le Grand Larance Prix", c'est son titre, est un album qui n'a bénéficié que d'un minimum de promotion, assuré par le label et non par le groupe (?) lui même puisque totalement muet. 180 copies du disque, distribué à quelques magasins de confiance aux yeux de Clouse, le tout composé d'un triple vinyle blanc uniquement (en attendant un second pressage pour les retardataires, rouge, celui ci). Aucun nom d'album, aucun crédit, juste le nom du label et le nom des morceaux tamponnés sur le rond centrale de chaque face. mardi 21 février 2012
KING MIDAS SOUND, IKONIKA, KODE9- La Machine, Paris
vendredi 17 février 2012
The Iron Lady de Phyllida Lloyd
Les hasards de l'histoire ou bien ceux d'une résurgence conservatrice ? Pourquoi faire un film sur Margaret Thatcher aujourd'hui, à l'heure où l'ultralibéralisme qu'elle a toujours défendue se débat pour protéger sa légitimité, tente de convaincre encore et toujours, avec plus de hargne et de virulence que jamais, qu'il est le seul système naturel pour l'épanouissement des ambitions humaines ? The Iron Lady se détourne très profondément de cette question ou du moins, feint de le faire et s'élance sur un parti pris scénaristique qui n'a rien en commun avec le caractère trempé de la vieille dame qu'il est censé nous dépeindre.Il fallait s'y attendre, à l'instar de La Conquête qui narrait dans un mimétisme absurde l'ascension de Sarkozy, The Iron Lady est loin d'être un brûlot politique. Il est encore moins une analyse de l'Angleterre des années 80. La réalisatrice Phyllida Lloyd a choisi de voir la vie de Thatcher à travers le regard de la vieille dame sénile et malade qu'elle est aujourd'hui et d'exhumer ses souvenirs de jeunesse et de pouvoir. Et c'est un bien regrettable angle d'attaque, aux antipodes de l'histoire de cette femme.
Ni enquête à charge, ni hagiographie dégoûtante, le film cultive une laideur tant intellectuelle que formelle. Redoutant peut-être de froisser quelques bourgeoises mal dégrossies qu'elle avait séduit avec son infâme Mamma Mia !, Lloyd adopte un regard concupiscent et particulièrement impudique, cherchant vainement à agripper la compassion du spectateur. Sa Thatcher est une grand-mère qui perd la boule, encore traumatisée par la perte de son mari pourtant mort il y a des années de cela. Ce prisme de la folie douce et hallucinatoire rend les séquences de souvenir particulièrement irréalistes, non pas dans le sens où elles apparaîtraient comme non conforme à l'idée que l'on s'en fait, mais comme relevant d'un anachronisme perpétuel et d'une tendancieuse manie de ne pas vouloir faire du cinéma. Car, disons-le, en refusant toute analyse sociale, politique ou culturelle de l'Angleterre que Thatcher à traverser et du personnage même, Lloyd refuse le cinéma et le confine à une impuissance politique indécente.
Pourquoi ce refus de l'engagement et de l'analyse ? Que montre t-elle ? La construction d'une jeune fille d'épicier qui rentre à Oxford et s'éprend pour la cause conservatrice? A peine. Et par quel moyen ? D'ignobles flash back qui refusent d'entrer dans la complexité d'une vie, qui refusent de s'interroger réellement sur les processus sociaux et introspectifs de cette femme. Lloyd est piégée dans un scénario qui cherche à tout pris la compassion déplacée pour une personne qui mérite bien mieux que cet acharnement sentimentaliste, qui, par les actes et les engagements qu'elle a eu, mérite qu'on décortique les politiques qu'elle a défendues, la façon dont elle les a menées, la terreur qu'elle a fait régner, le monde qu'elle a contribué à instaurer.
The Iron Lady passe à côté de tout cela. Ni féministe, ni antiféministe, ni travailliste ni conservateur, ni élogieux ni incendiaire, ni politique ni désintéressé. A force d'empiler les "ni", cette biographique très vilainement montée (et aux cadres très approximatifs) finit par ressembler à tout ce que son personnage principal n'est pas (et tout ce qu'il n'a pas voulu être ) : un consensus mou qui refuse de dire sa vérité et louvoie sournoisement dans les abîmes fangeux de l'incohérence esthétique, politique et cinématographique.
lundi 13 février 2012
GESCOM-Skull Snap
Quelle période faste pour les fanatiques d'Autechre. Depuis 2 ans, le groupe ne cesse de produire et publier des disques sous toutes ses formes. Deux albums en 2010, un coffret pour complétiste ensuite, puis un EP de Gescom et la réeditions de Lego Feet: période aussi importante pour les détracteurs que les fans hardcore et admirateurs critiques- qui trouvent ici une pièce de choix. Gescom est l'incarnation la plus trouble du duo, puisqu'officiellement présentée comme un collectif anonyme auquel les deux participeraient de temps en temps, au coté de Russell Haswell (qui était très probablement l'architecte principal de MiniDisc) et Rob Hall parmi une vingtaine d'autres. En toute logique, la musique de Gescom est la plus éparpillée au gré des enregistrements, allant de la noise expé au hip hop électronique en passant par du hardcore old school. Si la participation de Booth & Brown est donc totalement incertaine, elle semble pourtant bien effective, tant les sonorités luisantes et limpides de la paire semblent asperger le sillon sur les 5 morceaux. Le collectif s'inscrit dans une rupture nette suite aux derniers EP, puisque éloignant ses morceaux d'une musique dansante pour produire ses plages les plus ouvertement hip hop: de la typo au beat, Gescom baigne dans ce son depuis ses débuts et rend hommage au précieux disques ayant atteint les oreilles de ses géniteurs. Mais le penchant naturelle de ses artisans pour les complications donnent l'impression d'une musique brutalisée, d'un hip hop funky passé dans un hachoir n'ayant laissé que peu de place aux évidences, comme si Mantronix s'était fait broyer par les chicos d'un Oval goulu, agresser par les rayons d'un Coil cannibale. Breakbeat digitale accidenté, où le repos semble malvenu, publié sur... Skull Snap, sous-label de Skam dédié au hip hop.
vendredi 10 février 2012
GONJASUFI-Mu.zz.le
Comme si tes oreilles commençaient à bruler, du sable bouillant venant se répandre dans tes conduits. C'est comme si tu découvrais un vieux disque issu d'un futur qui n'existe forcément pas, dans un vieux coffre, que tu soufflais pour en extraire la poussière qui se serait incruster dans les sillons de ce double 10". C'est comme si tes héros les plus opposés avaient décider de produire la musique la plus absurde possible, si Tubby en se passant Blue Lines sur la sono de Martin avait décidé d'inviter 13th floor elevator pour créer des boucles dans un sampler nucléaire défaillant. Comme si en pleine traversée du désert, tu croisais ce vieux mec au look de sans-abri qui, en se grattant l'épaisse chevelure t'indiquait que le chemin que tu cherches, il n'existe pas. Comme si la fin du monde c'était maintenant et que dans un ultime écho tu distinguais la musique qui saluerait la fin de ton passage ici. Comme si Dr Leary imitait le bruit des soucoupes avec un modulaire après t'avoir passé quelques grammes de son meilleur LSD. Comme si la platine refusait obstinément de jouer le rythme à la bonne vitesse, comme si ce sans-abri croisé plus haut avait saisi le micro pour éructer des histoires que lui seul comprend par dessus le pâté de batterie qui s'échappe du diamant. Comme si le chef de fil Sun Ra redescendait sur terre pour festoyer une dernière fois, mais sans toucher le moindre instrument, pour contempler le travail des fidèles manchots.
mardi 31 janvier 2012
ASMUS TIETCHENS & KOUHEI MATSUNAGA- Split
Après avoir été plutôt rare, Matsunaga se fait prolifique et disponible. Entre deux travaux où le japonais travaille sur le rythme et la dynamique de ses plages, il continue de grossir ses publications de travaux plus abstraits et moins évidents. C'est encore les impeccables Important Rds qui s'y collent pour sortir cette divagation sonore. Kouhei se confronte ici à Asmus Tietchens, emblématique figure de la scène électronique expérimentale allemande depuis les années 70. Une face chacun où Tietchens s'offre les deux premiers essais. Tietchens s'offre un sample de guitare préparé par le scultpeur de Fear Falls Burning. En ressort une variation sur les ultras sons plutôt désagréables avant de déboucher sur un second morceau immersif et plus convainquant. Il y déploie alors une répétition enivrante de sonorités épaisses et ésotériques. L'autre face est donc dédiée à Matsunaga qui dessine presque une symétrie: il commence pour sa part sur un travail des nappes envoûtantes puis se dirige vers des variations aléatoires de cliquetis digitaux, qui rappellent le genre d'exercice que Jack Dangers propose lors de travaux parallèles (comme sur le disque dédié à Forbidden Planet, déjà sur Important par ailleurs !). Si le second morceau laisse également perplexe, son ouverture est d'une grande beauté. Matsunaga développe un climat cotonneux de nappes éthérées qui semble se composer de résonances métalliques aux réverbérations majestueuses. Très convainquant.
vendredi 20 janvier 2012
BLUT AUS NORD-777: The Desanctification
La quête sonore audacieuse continue pour Blut Aus Nord. Audacieuse car les plus puristes ne sont pas invités ici à comprendre au plus juste ce que l'entité produit. BAN continue de s'éloigner d'un black metal codifié nordique pour aller creuser davantage dans les ressources offertes par les machines sans délaisser la recherche mélodique qui s'avère triomphale quand il(s) y cède(nt) complètement. Aberration sonore, l'entité francophone opère une fusion pratiquement inconcevable avec des formes de groove vicieuses pour égarer les oreilles de quelques auditeurs fanatiques de compartimentation. C'est pourtant un large spectre qui est balayé ici, avec ingéniosité. Mélodies, nappes, distortions, glaires vocaux, choeurs, swing, boue, lumières, agression, accalmie, chant clair, sprint rythmique, tout y est, même la démo du dernier flanger/phaser acheté (cf. la troisième plage, entre anecdotique foutage de gueule et pause éthérée). Un second volume qui fait attendre la conclusion, mais qui se suffit à lui même car Blut Aus Nord a particulièrement soigné chaque chapitre. Ce deuxième enregistrement croise une certaine forme de beauté épique à un groove rare et malsain, alternant rame de guitare avec envolé quasi dub progressive, coups martiaux avec blasts marathonien, dans un emballage visuel très réussi qui invite à la curiosité et à la découverte.
mercredi 18 janvier 2012
Millenium de David Fincher
Le nouveau film de Fincher pose au moins une bonne question : que dire d'un film que vous avez déjà vu? C'est en fait le noeud de la problématique de cette deuxième version, de ce remake, de cette redite autour du phénomène Millenium. Je n'ai, personnellement pas lu le livre, je ne suis pas un grand lecteur de romans en réalité... J'étais donc allé voir le premier film de Arden Oplev vierge de tout préjugé littéraire et je l'avais trouvé tout à fait convaincant dans son traitement nerveux de l'intrigue, mesuré dans ses effets de manche et pourtant terriblement vicieux, parfois à la limite du sordide. Rien de jouissif ni de véritablement excitant, juste une bonne pâte, un peu dérangeante, un peu violente et surtout qui mettait habilement en valeur la véritable intrigue, celle de cette affaire de crimes nazis, eugénistes, incestueux... mardi 17 janvier 2012
THE WASHINGTONIANS: Discussion près du feu.
Lecteur, tu te demandes pourquoi il n'y a quasi aucune activité sur cette page depuis quelques jours, et tu as raison de te poser cette question. Non, ce ne sont pas les tops de fin d'années qui nous ont pris tout notre temps. Alors on se rattrape: ici on parle rarement avec des groupes ou des gens, mais quand on le fait, on choisit des intervenants qualité sucre. Premier article musical de l'année, une discussion autour du feu encore chaud des fêtes avec le batteur des Washingtonians, dont on avait vanté les mérites de leur excellent premier album ici même en fin d'année. Réalisé par mail, Antoine, frappeur de peaux de bêtes synthétiques, répond à quelques questions classiques et d'autres plus foireuses.Antoine Washingtonians : Salut C****** (Oui, c'est un vrai prénom-ndlr.), on s’est formé il y a 3 ans à peu près, il y a donc Garth au chant, Eric à la guitare, Tof à la basse et moi-même à la batterie. On est tous complètement autodidactes, pour ma part j’ai juste pris trois mois de cours, avec un prof qui me faisait bosser du Metallica…je me suis donc empressé d’arrêter, en parallèle je bossais des plans de groupes de thrash que j’écoutais à l’époque, les classique en gros, Machine Head, Sacred Reich, Sepultura, Meshuggah, ou des trucs de death etc…On a sorti une démo, un lp et on a quelques titres sur des compil.
BTN : Washingtonians est-il votre premier groupe ? D’autres formations en parallèle ou précédemment ?
AW : On a tous joué dans d’autres groupes auparavant, depuis une dizaine d’années, en particulier avec Garth et Eric, on a partagé plusieurs « formations » ensemble, Accion Mutante(grindcore) avec Dobey d’Inside Conflict aussi aux fûts, No Compromise (hardcore metal batard), Eric faisait aussi du death avant quand il était sur Paris, dans Rigor Mortys, Tof était bassiste dans un groupe de noise rock, et j’ai fait de la gratte dans Inside Conflict pendant deux ans. On se connait depuis un moment tous, du coup ça a été plutôt simple à mettre en place.
BTN : Vous êtes de Poitiers : y a t-il d’autres groupes dans le genre agressif en ce moment ou vous êtes un peu seul pour les concerts ?
AW : On est loin d’être les seuls, il y a toujours eu pas mal de groupes à Poitiers et dans les villes autour, une bonne scène rock au sens large du terme, ça va du skate punk au black, il y a The Phantom Carriage, Nothingness, Microfilm, Tanen, Vergogne, Crawling in Sludge, The Bottle Doom Lazy Band, Astron Fall, Naked, Angmar, Klone, Hacride…, bref il y a de quoi faire. De façon plus générale, il y a un gros vivier d’ "activistes " en tous genres, des graphistes, des orgas de concerts, du skate, des labels/distros,…
BTN : Par ailleurs, j’ai entendu via l’émission de radio à laquelle tu participes que tu semblais un peu remonté contre la ville –du moins son administration- puisqu’il est visiblement impossible de jouer le week end ( ?) désormais. Ce qui est un peu gênant pour des petits groupes... Peux tu développer ça et nous raconter ce qu’il en est ?
AW : C’est un vaste sujet … Disons que la ville ne fait peut être pas ce qu’il faudrait pour avoir une situation idéale, même si, et c’est ça le pire, on a pas trop à se plaindre ici en fin de compte. Ce n’est pas nécessairement la mairie ou son service culturel les responsables du manque de structures adéquates… c’est toujours pareil, va expliquer aux mecs qui bookent des tournées de groupes punk/hardcore, sludge etc qu’il faut communiquer et caler les tournées 8 mois à l’avance…il y a un petit problème d’emblée à ce niveau. Pour le reste c’est plus vicieux. Tu peux ajouter dans l’équation le fait que beaucoup de concerts se font un peu à l’arrache, en mode DIY etc, la mairie n’a peut être même pas connaissance et conscience du potentiel et de l’activisme qui se passe à Poitiers, du coup de façon générale, ça perdure et vivote comme ça peut avec les bars qui sont prêts à jouer le jeu –ce qui implique pour eux de prendre des « risques », plaintes régulières des voisins, flics, menaces de fermetures administratives -quand ça n’ en reste pas qu’au stade de menaces- , et c’est ce qu’il s’est passé cette année…on avait un pur spot pour faire des concerts dans de bonnes conditions, avec des patrons cools qui avaient envie de faire les choses bien, donc qui ne se foutaient pas de la gueule du monde en terme d’accueil. Et le public, comme les groupes et les orgas l’appréciaient énormément.
Et bien bingo, une voisine pas très fûtée(faut quand même être con pour aller habiter à côté d’un bar en plein centre-ville d’une ville étudiante, en espérant y trouver quiétude et tranquillité dès 21h) s’est plainte rapidement, et la suite on la connait, plus de concerts sinon fermeture du bar etc etc…il nous reste juste un bar actuellement pour y faire quelques concerts de temps en temps, mais seulement en semaine puisque le weekend ce lieu accueille une toute autre clientèle…il y a quand même le Confort Moderne, la SMAC de Poitiers, où il est possible de faire des choses, mais ce n’est jamais très simple malgré la bonne volonté des gens qui y bossent, ils mettent à disposition le lieu (la salle ou le bar en fonction de la renommée des groupes ), un peu de matos et les techniciens nécessaires, et en gros tu fais le reste. Le soucis c’est qu’il faut nourrir tout ce petit monde en plus des groupes que tu fais jouer, ce qui est tout à fait normal, voire la moindre des choses. Mais sachant que tu n’as que les entrées pour couvrir tes frais, et bien…il vaut mieux être sûr de son coup. Du coup ça refroidit un peu, tu ne fais pas jouer un groupe de crust tchèque dans ces conditions, t’es sûr de te ramasser… on attend tous l’ouverture d’un vrai club dédié aux concerts , privé, sinon on retombe dans le système public et là bonjour les délais etc, une bonne alternative à tout ça qui permettrait de subvenir aux besoins de toutes les assos frustrées du coin.
BTN : Severed Heads est votre premier album, qui suit de 2 ans un premier jet : le processus a-t-il été long ? Ou alors vous avez été assez rapide ? (Ca semble brut comme changement de sujet- les risques de l'entretien mail-ndlr.)
AW : On compose assez vite, et ça c’est dû à la nature des morceaux qui sont plutôt courts et simples, par contre on est feignants et fauchés, du coup pour réunir les moyens financiers, caler les dates entre nous et Lionel (ingé son et propriétaire du Studio 4 où l’on enregistre) pour le studio c’est beaucoup plus long. Tu ajoutes le temps de trouver les moyens et les gens pour financer le pressage, et on arrive vite à quasiment une année.
BTN : Comment avez vous obtenu Rica, qu’on a vu illustrer Noise mag (entre autres), pour votre pochette ?
AW : Tof(basse) le connaît depuis quelques années, ça n’a donc pas été compliqué pour nous de le contacter et de lui demander si il avait le temps, si ça l’intéressait. A partir de là on a échangé un peu sur ce qu’on avait en tête, comment il voyait le truc puis c’était parti.

BTN : Vous lui avez laissé carte blanche ou vous aviez une idée dans les grandes lignes ? Il ya un coté Burns (facile) mais aussi un coté Terry Gilliam dans le visuel.
AW : Terry Gilliam c’est pas faux oui. Oui il a eu carrément carte blanche, bien sûr on lui a donné deux trois pistes, on lui a parlé de deux trois pochettes qu’on aimait bien dans le genre, mais globalement il avait le nom de l’album, le film des Washingtonians en tête et ses crayons (J'ignorais totalement l'existence de ce film et, du coup, le lien avec le groupe. Honte à moi, mauvaises recherches de ma part. Mais peut-être que notre Mr Cinéma nous en causera ultétieurement-ndlr.). D’où la fourchette plantée dans le crâne du mec , sur l’arrière de la pochette, petit clin d’œil au film par exemple.
BTN : Pourquoi les smileys ?
AW : Haha, lui seul peut répondre à cette question. (l'appel est lancé !! -nldr.)
BTN : Comment avez vous approché Franck Hueso ? C’est un pote ou vous aimiez son travail (sur Inside Conflict par exemple) avant ? (lecteur, il va se passer une chose très intéressante dans la réponse: la double peine. D'une je me suis gouré quant au metteur en son de l'album, et deuxièmement, je me rend compte que j'ai posé une question assez idiote-ndlr).
AW : Oui Franck est un pote, on se connait depuis longtemps, par contre on aime pas du tout son travail (voilà, ça c'est pour la question con-ndlr.). Mais juste une précision pour cet enregistrement, Franck a simplement masterisé la version vinyle, ce n’est pas lui qui a fait le son. On le doit à Lionel Ferry dont je te parlais un peu plus haut -et sur la démo aussi d’ailleurs- qui a son propre studio(le Studio 4 donc) à côté de Poitiers. Franck y enregistre aussi certains groupes de temps en temps. Pour nous c’est plutôt naturel d’aller chez lui, on se connaît super bien, on a joué pendant quelques années ensemble, on sait comment il bosse et à quel point il est tolérant avec nous, il sait comment on fonctionne… c’est simple avec lui haha(je veux pas dire par là que c’est pas simple avec Franck hein).
BTN : Là encore carte blanche ou vous aviez une idée du son que vous vouliez ? J’aime le son du disque, qui s’éloigne un peu des « habitudes » du rock sale actuel (cf. n’importe quelle sortie relapse).
AW : La seule contrainte qu’on s’est imposé au départ avec ce groupe, c’était de ne pas sonner metal (ça veut pas dire qu’on le fera pas un jour) ou du moins d’éviter au maximum, ça peut vite manquer de relief, et tuer un peu la spontanéité qui peut se dégager de ce genre de zique. Bref, on avait pas d’idée précise du son pour l’album, et tout y est hyper brut au final(très peu de mix), c’est un peu ce qu’on voulait, relativement brut et rentre dedans. La seule certitude c’est qu’au grand jamais on essayera d’approcher une prod comme tout ce qui peut sortir de l’usine Deathwish/Ballou. Agoraphobic Nosebleed ont écrit un morceau à ce sujet d’ailleurs, le texte y est parfait. (Pour les curieux, allez voir en bas de cette page. Oui, vous ne délirez pas, ils avaient bien partagé un split il y a quelques années-ndlr.)
BTN : Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de jouer ce type de musique ?
AW : Sûrement un mélange de ce qu’on écoute et de ce qu’on aime individuellement. Disons qu’on repique des plans à beaucoup de groupes… Genocide Superstars, les Spudmonsters, Entombed , les vieux groupes crust metal genre Loudpipes, The Dukes of Nothing, après on écoute tous plein de trucs différents, Tof pourrait dire Unlogisitc, X-Or(les toulousains), World Burns to Death, les Poppies, Eric Zeke, Disfear, Trash Talk, Garth Impaled Nazarene, Rocking Dildos et aller jusqu’à Emperor , Ulver…y’en a tellement…
BTN : Il y a un coté hyper rock’n’roll, voir groovy dans cet album, c’est quoi l’idée ou l’impulsion derrière ?
AW : La question précédente répond un peu à celle-ci du coup (en effet, Genocide SS ou Dukes of Nothing sont des groupes assez groovy malgré le bois tronçonné et envoyé à chaque morceau-ndlr.). Ça doit sûrement venir de tout ça. L’idée c’est juste de faire un truc énergique où on se fait plaisir, et surtout où on se pose pas trop de questions. Faut que ça reste spontané.
BTN : De quoi causent les Washingtonians ? Politique ? Abstrait ? Autre ?
AW : Je passe. On a jamais trop compris Garth, même en tant qu’individu. Ça doit pas mal tourner autour du cinéma hongkongais, après…aucune idée.
AW : Pareil, aucune idée. On a enregistré ce morceau complètement en catastrophe, le dernier jour de l’enregistrement en se disant que ce serait pas mal d’avoir une sorte d’interlude(tu me diras une interlude à la fin c’est un peu débile), un truc un peu plus posé histoire de pas simplement avoir une rafale de morceaux rapides et bourrins qui s’enchainent. On a mis en commun quelques riffs qui trainaient avec Eric, on a fait tourner le truc deux trois fois, et on l’a enregistré dans la foulée, mais c’était pas du tout prévu. On a fait les quelques samples de l’intro avec un vieux Roland, on a aussi pitché toute la zique histoire de lui donner un côté un peu « rampant », un peu « sludge ». Et pour le chant Garth a juste lu un passage du bouquin qu’il lisait à ce moment là, le pauvre il a même pas eu le temps d’écrire de textes.
BTN : Ici (en France), on est devenu assez réputé pour notre Black Metal, mais j’ai l’impression que d’autres « genres » commencent à s’imposer. Après un passage assez calme, quand je vois votre album, ou, pour brasser large, le dernier Kicback ou le Comity qui arrive à grand pas, j’ai comme l’impression que le Hardcore aligne de bonnes sorties en ce moment- du moins des choses plus intéressantes qu’ailleurs. Un sentiment là dessus ?
AW : Je me sens pas trop de juger tout ça, il y avait déjà d’excellents groupes il y a 10 ans, et plein de choses qui se passaient, le problème c’est qu’il y avait beaucoup moins de visibilité que maintenant…merci internet. Par contre il est évident que les groupes français s’exportent beaucoup plus facilement à l’étranger désormais, et sans chauvinisme aucun, ça fait plaisir de voir que certains groupes d’ici cartonnent, à juste titre, et ont des opportunités dignes de ce nom.
BTN : Pourquoi la version CD est sortie si longtemps après le LP ? c’était pas prévu ? D’ailleurs pourquoi avoir sorti le CD avec cette pochette en sérigraphie ? Pour donner un coté Constellation ou pour proposer tout simplement un autre objet et pas une copie du LP ?
AW : Au départ ça ne devait sortir qu’en vinyle oui. Puis on a eu quelques demandes, des gens qui voulaient acheter le disque, à force on s’est dit que ce serait peut être pas mal histoire de pas faire les snobs. Alexis de Gheea Music était motivé pour nous filer un coup de main, et on a mis le reste avec mon pote Sylvain, avec qui on a monté Beards & Bones, notre asso pour les concerts et qui fait aussi pseudo label à ses heures. On s’est dit avec le groupe que quitte à faire un cd, autant faire autre chose qu’une copie conforme du vinyle, ça n’avait pas grand intérêt pour nous, surtout un an après. La sérigraphie c’était un peu pour le côté esthétique de l’objet, et il faut bien le dire, parce qu’on a le labo de la Fanzinothèque à côté de chez nous, il y a un aspect pratique évidemment, c’est pas très cher, il y a pas mal de possibilités, on peut voir l’avancement de la chose en temps réel, apprendre 2/3 trucs au passage, s’épargner quelques galères de logistique… et en toute honnêteté sortir un bon vieux boitier cristal, ça nous branchait pas vraiment. On a également ajouté un morceau « bonus » qui n’était pas sur l’album, ça redonnait une seconde vie au disque quelque part. En tout cas dans nos esprits haha…
BTN : Actu à venir pour le groupe ?
AW : On a une douzaine de nouveaux morceaux donc on va essayer d’enregistrer quelque chose au printemps, si on a assez de thunes. On a eu un ou deux plans pour faire des splits, mais rien de bien concret pour l’instant… sinon quelques dates notamment le Bloodshed Festival au Dynamo à Eindhoven, avec Dropdead, Looking For an Answer, Gride et plein d’autres groupes, on était plutôt content quand on appris la nouvelle. On a également eu la confirmation d’une tournée d’une dizaine de jours à Cuba en février 2013 sur le Brutal Fest, un festival itinérant, avec les danois de Hexis, nos copains de The Phantom Carriage, qui sont eux aussi de Poitiers, et une petite dizaine d’autres groupes… on a bien hâte !
BTN : Dernière question, passage obligatoire imposé par un de mes collègue et qui, je le sais, va te faire plaisir : que penses- tu de Prodigy, le groupe anglais ?
AW : Alors là……pas grand-chose malheureusement. A vrai dire je connais très peu voire pas du tout, quand ça a commencé à cartonner j’écoutais plus Obituary, Napalm Death et consorts, j’étais pas trop dans le délire mix rock/musique électronique, et à part deux trois trucs plus « lourds » de l’époque, j’étais quand même vachement plus branché death,thrash et black. Du coup j’ai juste le vague souvenir d’un clip dans Best of Thrash à l’époque qui m’agressait visuellement , faudrait que je retente mais je suis pas convaincu du résultat…
BTN : Le mot de la fin ?
AW : Un grand merci à toi pour tes questions et ton intérêt , et Garth tient à te remercier personnellement, il s’est senti beau après avoir lu ta chronique.



